Appel à la mobilisation 25 février devant l’UNEDIC

Nous ne laisserons pas le patronat détruire de nouveau notre assurance chômage

 

Le 25 février, nous serons devant l’UNÉDIC parce que le patronat a décidé d’ouvrir la négociation sur une attaque frontale d’une ampleur inédite. Ce qu’il met aujourd’hui sur la table n’est pas une contribution au dialogue social : c’est un projet d’affaiblissement systématique de l’assurance chômage, une offensive pensée pour réduire les droits, accélérer la précarisation et imposer aux travailleurs les conditions d’un marché du travail entièrement soumis aux intérêts patronaux. Quand le patronat exige de réduire la durée d’indemnisation de moitié, alors qu’elle a déjà été amputée de 25 %, il ne cherche pas un compromis mais un rapport de domination, où la peur du lendemain remplace la sécurité sociale comme norme centrale. Quand il réclame une dégressivité de 50 % à partir du septième mois, il veut imposer une allocation qui punit plutôt qu’elle ne protège, comme si le chômage était une faute individuelle et non la conséquence d’un système qui multiplie les contrats courts, les ruptures conventionnelles en série et les emplois sous-payés. Quand il exige de réduire encore la durée des droits, de 24 à 20 mois et de 36 à 30 mois pour les seniors, il vise précisément celles et ceux qui ont le plus de mal à retrouver un emploi stable, comme si la fragilisation devait devenir une politique sociale. Quand il restreint l’accès des intermittents, il frappe un secteur déjà traversé par la discontinuité et la précarité structurelle, pour économiser quelques dizaines de millions sur un régime qu’il ne comprend pas et ne veut pas comprendre. Quand il propose de geler les allocations en 2026, il entérine une baisse réelle du pouvoir d’achat, en espérant que personne ne s’en apercevra.

Ce que le patronat veut, ce ne sont pas des ajustements : c’est plus de 4,1 milliards d’euros retirés directement à l’assurance chômage, sans toucher aux entreprises, sans remettre en cause leurs exonérations, sans interroger leurs pratiques de fragmentation du travail. Un système amputé de sa fonction protectrice, vidé de sa logique de solidarité, transformé en outil de pression et de discipline. Pour eux, la négociation doit être un instrument pour imposer la précarité comme norme ; pour nous, elle doit rester un espace de défense, de conquête, de résistance. Le 25 février, nous ne serons pas rassemblés par réflexe, mais parce que la bataille qui s’ouvre décidera de ce que sera l’assurance chômage demain : une protection collective pour les travailleurs ou un mécanisme d’appauvrissement organisé. Le patronat mise sur notre résignation ; il pense que nous accepterons la division par deux de la durée d’indemnisation, la dégressivité punitive, la réduction des droits, l’exclusion des intermittents, le gel des allocations. Il pense que le mouvement syndical ne sera pas capable de bloquer ces attaques. Il pense que le monde du travail n’a plus la force de se lever. Mais c’est précisément le moment de lui rappeler que nos droits n’ont jamais été concédés, qu’ils ont été conquis, et qu’aucune conquête n’a jamais été préservée sans mobilisation.

Ce 25 février, nous irons devant l’UNÉDIC non pas pour quémander, mais pour affirmer. Affirmer que l’assurance chômage n’est pas négociable à la baisse. Affirmer que la dignité n’est pas divisible. Affirmer que la solidarité ne peut pas être transformée en outil de punition. Affirmer que les travailleurs n’accepteront pas d’être mis au pas au nom d’économies imposées par ceux qui organisent eux-mêmes la précarité. Affirmer que nous ne serons pas les variables d’ajustement d’un système qui fait de l’instabilité sa méthode de gestion. Nous sommes dans une négociation, oui, mais une négociation n’avance que si le rapport de forces l’impose. Ce rapport de forces, il ne se construit pas dans les bureaux, mais dans la rue, dans les rassemblements, dans la mobilisation collective. Le 25 février, nous irons dire que ces attaques ne passeront pas, que nous refusons le démantèlement de l’assurance chômage, que nous refusons le recul social généralisé. Nous ne laisserons pas la peur devenir un outil de gouvernance. Nous ne laisserons pas l’UNÉDIC se transformer en caisse de pénalités contre les travailleurs. Nous irons affirmer que la solidarité est notre droit, et que nous avons la force de la défendre. Le 25 février, devant l’UNÉDIC, nous serons là. Et nous serons nombreux.